Petit retour sur mes souvenirs d'enfance puisqu'après tout, c'est à ça que sert ce blog.
La rentrée scolaire est encore fraîche pour beaucoup et dans l'enfance de chacun de nous (du moins j'imagine) l'école prend une grande part. Commençons donc par le début : la maternelle !

J'ai des souvenirs très précis de cette période. Nous étions à
N'Djaména, au
Tchad, depuis peu quand je suis entrée en petite section. D'après ce que m'ont raconté mes parents, je n'ai pas du tout été traumatisée par mes premiers jours de classe. Visiblement, je consolais les enfants qui pleuraient en leur disant que ça allait être super et qu'il ne fallait pas avoir peur.
À l'époque, les horaires ne correspondaient pas du tout à ce que l'on pouvait vivre en France. Du fait de la chaleur de l'après-midi, il n'y avait école que le matin, de 7h à 13h, du lundi au samedi. Donc arrivée le matin, accueil des enfants, présentation, activités, chansons (je me souviens avoir chanté "La cage aux oiseaux" de Pierre
Perret et "Les rois mages" interprétée par
Sheila), etc. Bref, tout ce que l'on fait à cet âge là. Et puis les
récrés dans le jardin, avec le petit en-cas préparé par maman : des tartines beurrées et saupoudrées de
Nesquick (quand c'était encore
Grosquick sur la boîte et pas un lapin,
snif).
Quand je parle de jardin, c'était plutôt un terrain au sol en terre. Mais il y avait plein d'arbres !
Aaaaaaah les arbres de la cour de ma maternelle...

D'abord, il y avait des kapokiers (ou fromagers). Et quand les gousses éclataient, laissant échapper leur neige cotonneuse, nous nous en lancions des pleines poignées en riant comme des fous. C'était une variante africaine des batailles de boules de neige.

Il y poussait aussi des flamboyants dans ce jardin et nous pouvions jouer au combat de coqs. Il faut savoir que la fleur de flamboyant possède en son centre une dizaine d'étamines (sorte de tiges) avec, au bout, une anthère (un renflement qui fait comme un crochet). Chacun des deux adversaires choisit un bouton de fleur qui commence tout juste à éclore. Il écarte doucement les pétales pour détacher une étamine. Ensuite, le combat commence ! Le but du jeu est de croiser les étamines jusqu'à ce qu'une des anthères soit arrachée. Le joueur perdant la manche prend une nouvelle étamine et la partie continue. Celui qui a épuisé toutes les étamines de sa fleur a perdu.

Et, objets de mes premières découvertes gustatives, les tamariniers ! Le tamarin (le fruit du tamarinier, donc) est une grosse gousse contenant plusieurs graines entourées de pulpe fibreuse. Je ne saurais pas décrire le goût de cette pulpe (à part que c'est acide), mais c'était
booooon ! Je n'en ai jamais remangé depuis...
Vers 11h30, tout le monde en maillot de bain et plouf dans un petit bassin. Je me souviens qu'il était peint en bleu (comme une piscine, quoi) et en forme de haricot. Nous avions pied jusqu'aux mollets. Et à 12h30, nous nous séchions en gambadant nus comme des vers sur la terrasse, une grande margelle carrée, en béton, encadrée de rambardes en fer. Du coup, j'ai su tout naturellement la différence entre les filles et les garçons^^
J'avais une copine qui se blessait souvent et qui avait des sparadraps de toutes les couleurs, des bleus, des jaunes, des verts et des roses, summum de l'élégance pour une petite fille. Ma meilleure amie de l'époque s'appelait
Laetitia.
Et j'avais un amoureux,
Yannick, un petit roux tout mignon qui venait du
Quebec (avec l'accent qui va avec). Quand nous nous apercevions d'un bout à l'autre de la margelle en béton après une période de vacances, nous jetions nos cartables en l'air et nous courions l'un vers l'autre pour nous sauter dans les bras en riant aux éclats. Très
chabada tout ça finalement...
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Photo de kapokier prise sur la page de
Marcel (rendons à César...)