mardi 21 avril 2009

Proust avait sa madeleine...

Quand nous habitions à N'Djaména, avant la guerre, nous allions de temps en temps manger chez Bachir avec mes parents. Bachir était un Grec au nom interminable finissant par "poulos". Il avait une espèce de stand, sur le trottoir (si on peut appeler comme ça un large bord de piste urbaine) avec son tournebroche. Comme il n'avait pas de frigo, mon père amenait les boissons dans une glacière.

Nous nous asseyions autour d'une des tables en ferraille et nous mangions les meilleurs sandwichs grecs de mon existence. Sa viande d'agneau, marinée dans du citron et des épices... Whoua ! Ça touchait au sublime sur mon palais d'enfant.

Bachir venait souvent partager une Gala (la bière locale, blonde et légère) avec mon père et papoter avec nous. Je ne me souviens plus de son visage, mais je me rappelle qu'un de ses pouces était atrophié et qu'il me disait que le mien deviendrait comme ça si je continuais à le sucer. J'étais impressionnée, mais je soupçonnais l'intox. Il me faisait rire...

Et il y a eu les "événements" de 79 (c'est curieux comme le mot guerre fait peur). Nous ne savons pas ce qu'est devenu Bachir...

Je n'ai remangé des sandwichs grecs qu'une dizaine d'années plus tard, à mon arrivée à Paris. Mais jamais, jamais, je n'en ai trouvé de comparables à ceux de mon enfance.

samedi 28 mars 2009

Mère indigne !

Alors que nous nous arrêtions au rayon soupe du Monop, Doudou me fait remarquer que les titis n'ont pas été emballés par la soupe aux potirons de la veille au soir. J'ai la confirmation de l'info en regardant les mines dégoûtées des chouchous. Je réponds que j'ai voulu tenter le coup, histoire de varier un peu (et j'attrape le velouté de carottes).

Là, une vieille bique (je voulais faire dans le politiquement correct, mais finalement, non ; pas envie) qui ne manquait pas une miette de notre conversation, me regarde et me dit : "Ils la mangeraient si vous la faisiez vous-même !"

Punaise de quoi je me mêle ? Mon sang ne fait qu'un tour et je lui assène du tac-au-tac, sourire glacé et regard assassin : "En rentrant chez moi à 19h30 et en couchant mes enfants à 20h, je ne vois pas bien comment j'aurais le temps de faire une soupe !" Et comme elle se contente de pincer les lèvres, je rajoute : "Et oui, c'est ça les mamans qui travaillent !". La vieille n'a pas demandé son reste et nous nous sommes dirigés vers la caisse.

En temps normal, je crois que j'aurais laissé courir, mais en ce moment, faut pas me marcher sur les pieds ! Nanmého !

Photo trouvée ici

mercredi 18 mars 2009

Lena

Je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment pour faire vivre la guinguette. Me voilà donc dans l'obligation de recycler des "vieux trucs" (oui, c'est une excuse pourrie !). Lena, est un des personnages fétiches de ma période JdR. À l'origine dessinée en noir et blanc, je l'ai mise en couleurs sur Photoshop. Ce dessin date déjà de 2006... ça file, ça file.

mardi 3 mars 2009

Titine et le Manoir hanté

Ce soir, alors que nous discutions dans la salle de bain (c'était l'heure du brossage des dents), Titine me raconte les aventures d'une de ses copines au Parc Astérix. Je pense tout haut :

Moi : Tiens, c'est vrai que nous n'y sommes jamais allés. Nous avons plusieurs fois visité Disneyland, mais pas le Parc Astérix.
Titine (les yeux qui brillent) : Ah, c'est vrai, c'est bien Disney. Dis, la prochaine fois qu'on ira, on pourra faire la maison de l'horreur ?
Moi : Le Manoir hanté, tu veux dire ?
Titine : Ouiiiiiii, c'est ça !
Elle fait une pause et rajoute avec un grand sourire : J'aime bien hurler, ça détend !

C'est grave docteur ?

Image trouvée ici

samedi 28 février 2009

Vitesse lumière

Les enfants ont passé une semaine à la montagne. Bien entendu, ils nous ont régulièrement téléphoné pour nous détailler leurs prouesses sur les pistes.

Maintenant qu'ils sont rentrés, ce sont leurs grands-parents et leur tonton qui nous racontent leurs anecdotes. Celle-ci m'a beaucoup amusée :

Lorsque Titi (5 ans) a rechaussé les skis, il ne s'est pas senti très à l'aise. Alors au bout de quelques jours, son tonton a décidé de faire une petite descente avec son neveu entre les jambes. Titi a accepté, mais en émettant une condition.

Titi : D'accord, mais pas en vitesse lumière !
Tonton (moqueur) : Ok. Mais tu sais ce que c'est la vitesse lumière ?
Titi : C'est quand le photon, il fait 8 fois le tour de la Terre en une seconde.
Tonton : ...

Mouché le tonton ! C'est qu'ils en apprennent des trucs à La Villette les enfants.

Image trouvée ici

mardi 17 février 2009

Champion du monde

Lors de notre entretien avec la maîtresse de Grande Section de Titi (5 ans), celle-ci nous apprend que notre choupi manque un peu de confiance en lui et qu'il est très réservé. Comme quoi, les enfants sont très différents à l'école et à la maison... Bref, elle nous conseille de l'encourager davantage quand il prend des initiatives.

Nous en parlons bien évidemment avec sa grande sœur, Titine (8 ans) et lui demandons de nous aider. Pourquoi ? Parce qu'en tant qu'idole de son cadet, ce qu'elle dit de lui a plus d'impact que ce que nous, pauvres parents, pouvons raconter.

Alors Titine s'approche de son petit frère et, avec le plus grand sérieux, lui annonce : "Titi, tu es le premier sur le podium de mon cœur !"

Si c'est pas beau ça !

jeudi 29 janvier 2009

L’île aux souvenirs

Ça fait un bon moment que je n'ai pas écrit de poème et celui-ci date quelque peu. Mais je l'aime bien...

******************
L’île aux souvenirs

Te souviens-tu papa, le jour de mes neuf ans,
Nous avions rendez-vous derrière notre maison
Fins prêts pour le départ de notre expédition
Déguisés en pirates, dignes de l’ancien temps


Je gardais dans ma poche, précieusement cachée
Une carte au trésor découverte la veille
Dans le fond d’une malle, protégée du soleil
Alors que je jouais tout seul dans le grenier


Arrivés sans encombre sur la rive du lac,
Nous nous sommes dirigés tout au bout du ponton
Pour embarquer à bord de notre fier galion
Il s’agissait en fait d’une petite barque


Nous avons affronté de terribles tempêtes,
Résisté aux sirènes et aux serpents de mer
Combattu vaillamment nos monstres imaginaires
Pour atteindre un îlot, terme de notre quête


Les quelques instructions indiquées sur le plan
Nous menèrent près d’un arbre sous lequel nous creusâmes
L’objet que je trouvais me fit verser des larmes
Il y était gravé « je t’aime mon enfant »


Aujourd’hui, c’est mon fils qui fête ses neuf ans
Nous partons tout à l’heure sur l’îlot merveilleux
Qui m’a laissé au cœur ce souvenir précieux
J’y ai caché ta montre en guise de présent


Image trouvée ici

(edit : le lien de la photo n'étant plus actif, c'est le blog de la photographe qui s'affiche)