lundi 27 avril 2015

Sommeil d'enfants


Un poème ancien sorti du tiroir...

Sommeil d'enfants

Je suis entrée dans votre chambre
A pas de loup, sans faire de bruit
Pour vérifier que mes deux anges
Sagement s'étaient endormis

Longtemps je vous ai regardés
Souriant dans votre sommeil
Ma princesse aux cheveux bouclés
Près de mon petit roi soleil

J’aimerais tant vous câliner
Vous serrer très fort contre moi
Mais j’ai peur de vous réveiller
Et sans bouger, je reste là

Quel bonheur de vous voir rêver...

Tableau : Les enfants endormis - Evariste Carpentier (1845-1922)

mardi 14 octobre 2014

Petit goût de week-end

(on peut rêver, hein)
Dimanche matin

J'ai quitté le pays des songes
Aidée par le chant des oiseaux
J'aime ces réveils qui se prolongent
Blottie dans mes draps bien au chaud

Lorsque j'ai ouvert les paupières
Mes yeux ont plongé dans les tiens
J'aime me chauffer à leur lumière
Près de toi je me sens si bien

Mon bonheur du dimanche matin
Moments de douceur et câlins

J'entends dans la chambre à côté
Les voix et les rires des enfants
J'aime savoir qu'ils sont réveillés
Tranquillement je les attends

La porte s'ouvre je leur souris
C'est le soleil qui vient d'entrer
J'aime qu'ils se jettent sur notre lit
Et nous recouvrent de baisers

Mon bonheur du dimanche matin
Moments de douceur et câlins

Nous nous racontons des histoires
De fées et de lutins joyeux
J'aime partager leurs victoires
Sur les dragons cracheurs de feu

La matinée touche à sa fin
Il faut fermer la parenthèse
Et retrouver le quotidien
Les obligations qui nous pèsent

Mon bonheur du dimanche matin
Rendez-vous dimanche prochain

mardi 30 septembre 2014

La fille du Roi et la Grenouille (partie 2)

La princesse a promis à la grenouille une amitié durable en échange de sa balle en or tombée dans la fontaine. Mais lorsque l'animal lui rend l'objet, la coquine s'enfuit, oubliant sa promesse. La bestiole la suit au château et, pendant le banquet du soir, frappe à la porte pour demander à la jeune fille d'honorer son serment.

(Garulfo a une option pour la fin... avouez qu'elle ne manque pas de piquant)

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Une seconde fois, le battement reprit
Et la voix de la bête se fit plus insistante
"Jeune fille du Roi, ouvre-moi je t’en prie
Tiens ton engagement et ne sois point méchante"

L’auguste souverain, connu pour sa bonté
Regarda la Princesse et dit en souriant
"Quand tu conclus un pacte, tu dois le respecter
Laisse entrer ta grenouille, conduis-toi gentiment"

L’immonde créature pénétra dans la pièce
Puis sautilla jusqu’à la noble demoiselle
"Restaurons-nous ensemble, s’il vous plaît votre Altesse"
Et elle bondit au bord du plat d’or de la belle

La grenouille mangea d’un féroce appétit
Quand l’enfant écœurée manquait de s’étrangler
À la fin du repas, la barboteuse dit
"Me voici rassasiée, allons donc nous coucher"

Alors la jeune fille éclata en sanglots
Comment parviendrait-elle à partager son lit
Quand elle avait si peur de caresser la peau
Granuleuse et glacée de sa nouvelle amie ?

Excédé, le monarque rabroua la Princesse
"Ne méprise donc pas celle qui t’a aidée
Lorsque tu éprouvais une grande tristesse"
L’enfant gagna sa chambre et cessa de pleurer

Une fois dans son domaine, elle posa l’animal
Dans le coin le plus sombre et le plus éloigné
De son grand baldaquin aux draps de soie bleu pâle
Enfin débarrassée, elle partit s’allonger

"Garde-moi près de toi où j’en parle à ton père"
Menaça la grenouille. La Princesse craqua
Elle empoigna la bête et la jeta à terre
En hurlant son courroux : "Ainsi, tu dormiras !"

Mais lorsque la grenouille effleura le tapis
Il ne s’agissait plus d’un immonde animal
Un Prince se tenait debout aux pieds du lit
Ses yeux étaient rieurs, son sourire amical

La Princesse accepta d’obéir à son père
Et d’aimer pour toujours l’infortuné garçon
Qui avoua, ému, qu’une méchante sorcière
L’avait changé en bête sans aucune raison

Le lendemain des noces, le tout jeune marié
Devait mener sa belle dans son nouveau palais
Et au petit matin chacun vit arriver
Une voiture attelée de huit chevaux de jais

Le Prince découvrit Henri, son serviteur
Installé à l’arrière de la calèche d’or
Le fidèle valet apprenant son bonheur
Souhaitait mener son maître et sa femme à bon port

Lorsqu’Henri avait vu son Prince transformé
Son cœur s’était rempli d’une tristesse sincère
Et de peur qu’il finisse bientôt par éclater
Il banda sa poitrine de trois cercles de fer

Le valet installa les jeunes souverains
Bien confortablement dans le riche carrosse
Puis il reprit sa place à l’arrière de l’engin
Et ils partirent enfin pour leur voyage de noces

Au bout de quelque temps, on entendit craquer
Le Prince s’inquiéta craignant qu’une roue ne casse
Henri le rassura "La peine m’a quittée
Et mon cœur se libère de l’étau qui l’enlace"

Le puissant craquement survint deux fois encore
Alarmant le monarque, mais ce n’était qu’Henri
Heureux que son seigneur soit libéré du sort
Et dont les fers épais se brisaient à grands bruits

FIN

dimanche 28 septembre 2014

La fille du Roi et la Grenouille (partie 1)

Ce blog est endormi depuis bien longtemps (pas cent ans, certes, mais deux, ce qui est déjà pas mal). A la suite des contes de Peau d'Ane et de la Princesse au petit pois, j'avais pourtant promis que je posterais les deux autres contes que j'ai écrits. Voici donc la première partie de l'histoire de la Fille du roi et la grenouille, inspirée du conte des frères Grimm. Pour le visuel, je n'ai pu résister au plaisir d'utiliser une image de Garulfo, excellente BD d'Alain Ayroles (scénario) et de Bruno Maïorana (dessins).

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Il était une fois, un fier et noble Roi
Qui élevait des filles d’une grande beauté
Mais lorsque la plus jeune montrait son frais minois
Le soleil lui-même semblait pâle à côté

Un jour qu’il faisait chaud, la belle enfant partit
Tout prêt d’une fontaine, au cœur de la forêt
À l’ombre d’un tilleul centenaire elle s’assit
Et pour se rafraîchir, elle se trempa les pieds

De peur de s’ennuyer, elle prit sa balle d’or
Se mit à la lancer, puis à la rattraper
Mais quand elle le loupa, l'objet roula au bord
De la source profonde pour sitôt y sombrer

La tendre jeune fille, pleura de désespoir
Alors qu’elle gémissait, elle entendit crier
"Racontez-moi, Princesse, cette terrible histoire
Qui fait rougir vos yeux et couler votre nez"

La Princesse, surprise, regarda autour d’elle
Et vit une grenouille à l’aspect repoussant
"Ma balle a disparu, expliqua la donzelle
Comment la retrouver ? Le bassin est si grand"

"Que me donneras-tu, si je te rends ton bien ?"
Demanda l’animal. "Tout ce que tu voudras
Mes perles, mes diamants, ma couronne d’or fin"
Mais toutes ces richesses, la bête les refusa

"Prends-moi comme compagne, accepte de m’aimer
Permets-moi de manger à la table du Roi
Et aussi de dormir sur ton doux oreiller
Je trouverai ta balle si tu promets cela"

La Princesse jura une main sur le cœur
Le batracien plongea et au bout d’un moment
La jouvencelle poussa un soupir de bonheur
Quand son ballon roula à ses pieds lentement

La belle se pencha, ramassa le jouet
Puis s’enfuit en courant, oubliant sa promesse
La grenouille appela aussi fort qu’elle pouvait
Mais jamais elle ne put rattraper la Princesse

Le soir du lendemain, à l’heure du dîner
Alors que l’assistance se restaurait gaiement
Elle entendit des "plouf, plouf" monter l’escalier
On frappa à la porte avec acharnement

"Jeune fille du Roi, ouvre-moi je t’en prie"
À ces mots l’ingénue se leva de sa place
Pour voir qui l’implorait avec tant d’énergie
Quand elle vit la grenouille, son sang devint de glace

Elle claqua le battant et retourna s’asseoir
Frissonnante de peur, tremblante de dégoût
Son père le remarquant désira donc savoir
Si un géant venait pour lui tordre le cou

"Oh non, mon cher papa, lui répondit l’enfant
Ce n’est qu’une grenouille qui m’a porté secours
Mais pour qu’elle s’exécute, je dus prêter serment
Qu’elle deviendrait alors mon amie pour toujours"

(à suivre...)

dimanche 20 mai 2012

A mon Amour



Je rêve

Je rêve de tes yeux
Brûlant de mille feux
D'un amour merveilleux
                        Pour moi

Je rêve de ta bouche
De ton rire qui me touche
De tes mots qui font mouche
                        Parfois

Je rêve de tes mains
Qui caressent si bien
Et apaisent ma faim
                        De toi

Je rêve de nos cœurs
Battant à cent à l'heure
Éclatant de bonheur,
                        De joie

Je me suis réveillée
Et me suis retournée
Tu dormais à côté
                        De moi

Photo trouvée ici

samedi 21 janvier 2012

Poème du bord de l'eau


Au bord de la rivière

Elle se rendait à la rivière
Tous les matins à la rosée
Elle s'asseyait sur une pierre
Laissant voyager ses pensées

Elle avait cru sa vie entière
Que le Prince Charmant existait
Qu'il traverserait les Enfers
Juste pour venir la chercher

Mais elle demeurait solitaire
Pensant que personne ne l'aimait
Et que son existence austère
Prématurément la tuerait

Un soir elle rêva de sa mère
Qui tendrement lui souriait
"Dans ton cœur brille une lumière
Qui ne demande qu'à rayonner"

Elle comprit alors que pour plaire
Elle ne devait plus se cacher
Et que le monde n'a que faire
Des pauvres âmes esseulées

La bonté de son caractère
Lui offrit quelques amitiés
Au bal elle était la première
Que l'on invitait à danser

Aujourd'hui près de la rivière
Elle rit de ses malheurs passés
Puisque demain sur cette pierre
L'embrassera son fiancé

Image trouvée ici

(edit : le lien de la photo n'étant plus actif, c'est le blog de la photographe qui s'affiche)

Ode à Titine

Un poème écrit à la naissance de Titine.

Ma fille, mon amour

Tu es le fruit de mon bonheur
Avec ton père, mon âme sœur
Pendant neuf mois j'ai attendu
La main sur mon ventre tendu
Ma fille, mon amour
Ma fille, pour toujours

Dans ton petit cocon douillet
Tout bas déjà je te parlais
Le visage rayonnant de joie
Quand je te sentais vivre en moi
Ma fille, mon amour
Ma fille, pour toujours

On m'avait dit qu'une naissance
Est une merveilleuse expérience
Mais aucun mot ne peut décrire
Ce qu'une maman peut ressentir
Ma fille, mon amour
Ma fille, pour toujours

Quand enfin tu es apparue
Dans tes merveilleux yeux j'ai lu
Une confiance démesurée
Alors d'émotion j'ai pleuré
Ma fille, mon amour
Ma fille, pour toujours

Ma chérie je te le promets
Sur la route je te guiderai
Aussi longtemps que tu voudras
Pour que tu ne te perdes pas
Ma fille, mon amour
Ma fille, pour toujours