vendredi 15 août 2008

Voyage de noces (partie 3)

Mardi, 18 novembre 1997

Nous passons la journée entière au Ngorongoro, en 4x4 avec Joseph comme chauffeur (qui ne parle qu'anglais ; heureusement, nous nous débrouillons tous dans cette langue). Journée sans incident mécanique ! Ouaiiiiiiiiiis ! Par contre, nous avons quelques difficultés à digérer le déjeuner...

La réserve se situe dans le cratère d'un volcan éteint. C'est un endroit magnifique ! Nous avons vu des lions et lionnes repues avec des ventres énormes, des hippopotames (qu'est-ce que ça pue ces bêtes-là ; à N'Djaména, je ne m'en rendais pas compte parce qu'ils évoluaient dans le fleuve et non dans des marigots d'eau stagnante), des rhinocéros (Joseph nous dit que nous avons de la chance d'en avoir vu autant ; il n'y en a qu'une dizaine dans la réserve), des gazelles, des oiseaux, des éléphants... mais pas de léopard, le seul des « Big five » que nous n'aurons finalement pas croisé. Une précision semble s'imposer ici : les « Big five » sont le buffle, l'éléphant, le lion, le rhinocéros et le léopard.

Attention, résultat du mitraillage de la journée !
Et pour commencer, les oiseaux (outarde à ventre noir, grue couronnée, vanneau armé, une multitude de flamants roses).



Des buffles et un gnou (on dirait un bison du Far Ouest ; cela dit, ils sont cousins)

Les hippopotames (le premier venait de traverser la route ; on ne s'imagine pas à quel point c'est lent sur la terre ferme ces animaux-là)

Les lions (la dernière photo montre la difficulté pour une lionne repue de se relever^^)

Les rhinocéros (savez-vous que quand un rhinocéros charge, il ne peut plus tourner ?)

Les éléphants, mes animaux préférés (mon instinct de suffragette se réveillerait-il face à l'organisation de cette société matriarcale ?)

Et d'autres (zèbre, gazelles et cobe de Buffon, phacochère)

Retour au lodge. Nous offrons l'apéritif à Mohammed (sans alcool), qui nous propose de visiter les gorges d'Olduvaï le matin du lendemain, avant de repartir pour Arusha l'après-midi. Dîner et dodo.

Ce lodge est le plus agréable dans lequel nous avons dormi pendant ce séjour. Avec Doudou, nous nous sommes dit que nous aimerions y revenir et y passer au moins une semaine. La petite terrasse dans la chambre, avec les chaises à bascule et la vue sur le cratère touchait au sublime et la salle-de-bain, vous avez vu ça ? On peut être deux en même temps là-dedans (ce qui est assez compliqué dans notre appartement) !

lundi 11 août 2008

Voyage de noces (partie 2)

J'ai édité le texte pour que les photos soient plus grandes.

Dimanche, 16 novembre 1997

Départ pour le Serengeti. Nous traversons les gorges d'Olduvaï et là, une suspension casse. Punaise ! C'est la guigne ! Retour au Serena où nous attendons la réparation. Nous passons le temps en jouant au Scrabble, mais comme le jeu est anglais, ce n'est pas pratique. Enfin, trois heures plus tard, le mini-bus est de nouveau utilisable.

Nous croisons des zèbres et des girafes...



...et nous traversons le passage qui était en crue la veille et ce jour-là, à sec.

Nous arrivons aux portes de la réserve vers 15h. Déjeuner pique-nique. Puis, nous repartons à travers le Serengeti. Nous voyons des gazelles et des lions. Nous arrivons à l'hôtel à la nuit.

L'entrée de l'immense réserve du Serengeti, à cheval entre la Tanzanie et le Kénya



L'immensité de la savanne est impressionnante !
Le soir, nous discutons avec Mohammed parce qu'avec les péripéties dûes à la voiture, nous avons presque une demi-journée de visite de réserve en moins. Il nous faut donc quelque peu revoir notre planning de visite. Repas, dodo (la moustiquaire est petite, mais lit commun).

Le lodge, ici encore, est très agréable et la vue est superbe. Le lendemain matin, nous avons vu de la fenêtre de notre chambre, des buffles brouter dans la savane.


Lundi, 17 novembre 1997

La veille, nous avons décidé de partir visiter le Serengeti dès le matin (au lieu du village massaï prévu à notre programme initial) et, vers 15h, de repartir pour le Ngoro-Ngoro.

La visite du matin est géniale (nous remettons les chaînes tellement il y a de la gadoue). Gazelles, oiseaux, autruches, phacochères. Nous sommes tout fous devant un guépard et ses trois petits, qui mangent. Mohamed sort des pistes autorisées pour que nous puissions les voir de près, pour nous remercier de notre patience suite aux pannes (c'est d'autant plus gentil qu'il risque de perdre sa licence de guide s'il se fait prendre ; il nous a expliqué qu'en Tanzanie, contrairement au Kénya, les guides n'ont pas le droit de sortir des pistes autorisée pour préserver la nature et que les autorités sont extrêmement strictes sur ce point).

Un arc-en-ciel sur la savane, alors que des des cobes de Buffon sont en train de brouter


Quelques animaux à plumes (outarde kori, vautour, autruche)
Et quelques animaux à poils (fennec, singe, phacochère, hyène, guépard)


Nous déjeunons au lodge du Serengeti (en compagnie des singes et de drôles de petits rongeurs).

Nous continuons la visite. En chemin, nous croisons un magnifique lion solitaire avec une crinière impressionnante. Il nous snobe alors que nous le mitraillons.

Sur le retour, il pleut à torrent ! Nous nous embourbons (pour ne pas changer) et pour couronner le tout, nous avons perdu une chaîne. Les garçons sortent pour pousser sous une pluie battante. Côté gauche, ils ont de l'eau jusqu'au genou ! Nous sommes finalement secourus par un 4x4 avec le chef de la police à l'intérieur (il est pressé). Nous arrivons finalement à passer la frontière Sérengeti-NgoroNgoro. Petit arrêt essorage de chaussettes avant de repartir.

Vous voyez les gros nuages noirs au loin, c'est l'orage que nous nous sommes pris sur la figure...

Dans les gorges d'Olduvaï, nous éclatons la roue arrière droite (au même endroit où nous avions pété la suspension). Quand je vous disais que ce voyage était digne de Koh-Lanta ! Changement de la roue à la nuit tombante. Mohammed nous demande de faire attention et de ne pas nous éloigner de la voiture à cause des animaux sauvages qui chassent à cette heure de la journée. Nous finissons le trajet de nuit et nous croisons des buffles et des éléphants. Petit moment de panique de Mohammed qui les deux fois, a stoppé la voiture et éteint les phares pour le pas énerver les bêtes, le temps qu'elles passent leur chemin. Il est vrai que sur une route de montagne, les possibilités de fuite face à une charge sont un peu limitées !

La preuve du pneu crevé !

Arrivés au Sopa-Lodge, manger et dodo.

Je me souviens que ce soir-là, au restaurant, c'était la première fois que nous voyions une spécialité locale au menu. D'habitude, nous avions droit à des plats très occidentaux. Nous avons interrogé le serveur pour savoir ce qu'il y avait dans le plat et il nous a amené des mini-portions pour que nous goûtions. Franc succès ! Nous en avons tous commandé ! Du coup, les serveurs nous ont regardé manger et le chef est venu en personne nous demander ce que nous en pensions. Nous étions enthousiastes et nous l'avons félicité. Le tourisme gastronomique, c'est bien aussi^^

samedi 9 août 2008

Voyage de noces (partie 1)

Une envie m'a prise aujourd'hui : j'ai relu le journal que j'avais écrit lors de notre voyage de noces à Doudou et moi. J'ai beaucoup ri, parce que cette aventure était digne de Koh-Lanta !

Après une âpre discussion (nous n'avions pas du tout les mêmes envies concernant la destination), nous avons fini par opter pour un safari photos en Tanzanie. Nous sommes partis en novembre 1997, pour notre premier anniversaire de mariage.

Voici donc ce récit, que je bloggerai en plusieurs parties. Les passages en italique ont été rajoutés aujourd'hui.

Jeudi, 13 novembre 1997

Après la super course des préparatifs, Beau-papa est venu nous chercher à 16h00. Doudou, super stressé (comme à chaque fois qu'il voyage ; sachant que là, c'était son premier vol long-courrier) était persuadé d'avoir oublié quelque chose.

Arrivés à l'aéroport d'Orly Ouest (très en avance), nous sommes allés chercher nos billets au comptoir Nouvelles Frontières. Nous avons attendu de pouvoir enregistrer les bagages à 17h30, puis l'embarquement à 19h30. C'est là que nous nous sommes aperçus que nous n'avions pas d'argent français (que des Travelers en dollars) et que nous n'avions pas non plus nos cartes bleues... Il commençait à faire faim !

Enfin, nous avons embarqué dans le 747 en partance pour Arusha. Doudou a un peu paniqué parce que la destination du billet n'était pas la même que celle affichée sur le panneau, alors que le numéro du vol et l'heure, eux, correspondaient. Il s'est mis en colère quand je lui ai dit que nous verrions bien à l'arrivée. Je me rappelle qu'il m'a dit "Avec toi, rien n'est jamais grave !". Ben oui, si le numéro du vol affiché est le même que sur le billet, c'est que c'est le bon ; j'ai suffisamment pris l'avion dans ma vie pour le savoir^^

Le voyage s'est très bien passé. Après un apéritif, un repas nous a été servi : poulet et pommes sautées au menu, tout en regardant les infos sur TF1. Puis il y a eu Mister Bean et le film ("Le mariage de mon meilleur ami", avec Julia Roberts ; je ne l'avais pas vu, ça tombait bien). Après, dodo...

Vendredi, 14 novembre

... Jusqu'au petit déjeuner... à 4h30 du matin (heure de France). Et nous avons atterri après avoir aperçu le Kilimandjaro au-dessus des nuages.

L'aéroport n'est pas très grand (comme celui de N'Djaména, quand même) et de style très colonial anglais : parquets et lambris. Après les formalités d'usage et la récupération de notre valise, nous avons retrouvé le groupe qui voyage avec nous (eux, par contre, continuent ensuite au Kenya alors que nous ne restons qu'une semaine). Ils sont très sympas : Marie-Hélène et Fred qui travaillent pour une marque de Cola que je ne nommerai pas et Jacqueline et Jean-Pierre qui possèdent un hôtel restaurant en Bretagne. On nous a également présenté notre chauffeur-guide, Mohammed (super gentil et francophone). Les présentations faites, nous sommes partis à Arusha à environ 40 km de l'aéroport, au Mountain Village (conduite à gauche, bien sûr !).

Arrivés là-bas, encore des fiches à remplir (nous n'avons pas arrêté de remplir des fiches pendant tout le séjour, chaque arrivée à l'hôtel, chaque départ, avec des questionnaires de satisfactions à gogo), puis nous avons pris un rafraîchissement et commencé à faire connaissance. Ensuite, nous sommes allés nous reposer en attendant le déjeuner. Nous avons dormi !

L'entrée de notre chambre

Après le déjeuner, nous avons décidé de nous inscrire pour une promenade autour du lac Duluti, prévue à 16h. En attendant, nous avons encore dormi ! Le lac Duluti est juste en contrebas du lodge. C'est un endroit très joli. Nous avons fait une très agréable balade (à part un début de tourista qui m'a tordu les boyaux par moments). Au retour, nous avons pris un rafraîchissement avec Marie-Hélène et Fred, où nous avons bien discuté.

Le lac Duluti
et notre premier animal sauvage, un iguane !
C'est après une bonne, mais rapide, douche (l'eau était froide !!!) que nous nous sommes tous retrouvés pour le dîner. La viande était dure, mais les desserts excellents.

Ensuite, dodo... enfin presque puisque vers 11h du soir, un troupeau d'Américains beuglants est arrivé prendre possession des chambres à côté de la nôtre. Il y avait un tel bruit que j'ai cru qu'ils jetaient leurs valises contre notre mur.

Nous avons été surpris en arrivant dans la chambre parce que nous avions des lits séparés, ce qui est peu commun pour un voyage de noces... Et puis, il y avait des moustiquaires ! Je hais les moustiquaires, je me sens claustro là-dedans.

Samedi, 15 novembre

Ce matin, debout 7h pour être au petit-dej à 7h30. Petit déjeuner à l'anglaise : thé, jus d'orange, œufs brouillés, bacon, saucisses... et croissants beurrés quand même ! J'ai testé ces petits déjeuners pantagruéliques lors de mon voyage aux États-Unis en 82 et depuis, je suis une grande adepte (mais trop feignasse pour le faire à la maison).

Nous devions partir à 8h, mais ce n'est que vers 8h45 que nous avons quitté le lodge. Nous sommes passés à Arusha que nous n'avions, en fait, pas vu la veille. Bien qu'elle soit la troisième ville de Tanzanie en nombre d'habitants, elle fait quand même très bidonville...
Ensuite, nous avons pris la direction du cratère du Ngoro-Ngoro. Les paysages sont très changeants. De vert luxuriant, cela passe à jaune savane, puis encore vert. Côté route, les cinquante premiers kilomètres sont bitumés, mais après, c'est de la piste par moments très "tape-cul"... Mais Doudou a réussi à dormir ! Nous avons perdu une roue de secours. Le premier incident de notre aventure tanzanienne...

Quand nous avons réservé notre périple à l'agence de voyage, la personne qui nous a reçus nous a dit que novembre était la période de la petite mousson. Il faisait donc assez doux et les pluies étaient courtes et de faible importance. Une fois sur place, nous avons appris qu'il n'avait jamais plu autant depuis au moins 50 ans... Chouette ! Vous voyez le crachin là-bas ? Lorsque nous avons commencé à monter le cratère, la pluie à commencé à tomber, pas longtemps, mais suffisamment pour faire de la pente un terrain extrêmement glissant. En voulant passer un camion, bloqué « un peu » en travers du chemin, mais dans le sens inverse, nous avons glissé et nous sommes embourbés. Heureusement, nous étions du bon côté de la pente, et la paroi de la montagne nous a arrêtés quand nous avons commencé à verser.

La trace que la camionnette a laissée... Nous avons (avec le camion) réussi à créer un mini embouteillage, car d'autres voitures montaient ou descendaient. C'est un garde forestier (avec fusil-mitrailleur) qui a fait la circulation. En ce qui nous concerne, c'est un range qui nous a treuillé pour nous sortir de là. Malgré nos propositions, Mohammed ne voulait pas que nous descendions de la voiture (ce qui aurait pourtant allégé le véhicule).

Nous avons fini par faire... 10 mètres avant de nous embourber de nouveau. Or, le range qui nous avait aidés était parti. Un autre nous a croisés sans s'arrêter, ce qui a carrément effacé le sourire de Mohammed. Nous avons fini par descendre de la voiture, et pousser. Finalement, nous avons fait comme à la montagne, nous avons mis des chaînes !!!

Si on m'avait dit qu'en Afrique aussi, on met des chaînes aux voitures, je ne l'aurais jamais cru ! Heureusement, Doudou, grâce à ses vacances à la montagne, tous les ans, depuis qu'il est petit, sait comment les mettre.

Nous devions arriver au Ngoro-Ngoro Serena Safari Lodge pour déjeuner. En fait, comme il était 15h, nous nous sommes contentés de sandwichs.

Le décor du Lodge, ambiance très cosy que j'adore !

Nous sommes ensuite repartis pour le Sérengeti où nous devions passer la nuit. Sur le chemin, nous avons croisé des girafes, des zèbres, un busard, des gazelles, des autruches, des renards et surtout un guépard en chasse. Là, nous nous sommes arrêtés pour photographier.

Ne cherchez pas d'animal, vous n'en trouverez pas ; c'est juste un paysage de savane.

C'est au bout d'1h30 de trajet que nous avons été arrêtés par une rivière en crue... impossible de passer ! La seule solution a été de faire demi-tour pour retourner au Ngoro-Ngoro Serena. Il était 18h30 et le soleil commençait à tomber.

La photo n'est pas très bonne parce qu'il commençait à faire nuit, mais ça peut donner une idée. J'ai scanné comme j'ai pu et changé un peu les réglages, mais je ne peux pas faire mieux !

Nous avons donc fait presque tout le retour de nuit. Nous avons croisé une girafe en plein milieu de la route, qui ne voulait pas nous laisser passer !
Nous avons donc passé la nuit au Serena, hôtel de luxe dont les chambres ont vue sur le cratère. Les chambres sont superbes et nous avons droit à deux lits king size (sans moustiquaire). Nous avons donc pu faire lit commun !

Vue de la fenêtre de notre chambre, prise le lendemain matin

vendredi 8 août 2008

Pour Milly

Cette fois, c'est Milly qui m'a taggée ! Je réponds donc aux questions posées.

D'abord, les règles :
1. Tu participes pas si t'as pas de blog. Et oui, c'est comme ça. Sinon c'est de la triche parce que tu pourras pas jouer le jeu.
2. Les trois premières personnes à laisser un commentaire sur ce blog recevront un cadeau fait par mes blanches mimines dans les 365 jours.
3. En retour, vous devez faire la même chose sur votre blog.

Il y a dix ans :
En 1998, j'étais mariée depuis 2 ans et sans enfant. Nous pouvions donc aller tous les vendredis soir au cinéma !
J'ai cassé une latte du canapé de mes beaux-parents au moment du deuxième but de l'équipe de France lors de la finale de la Coupe du Monde de foot.
C'est aussi l'année où j'ai changé d'employeur parce que j'étais tombée sur une bande de sadiques qui m'ont harcelée pour me pousser à la démission. Pas de bol, ma supérieure hiérarchique est rentrée de congé maternité alors que ma période d'essai était terminée. Super pas de bol, elle ne pouvait pas me blairer (et comme c'était la fille de la patronne...)

Cinq endroits où j'ai vécu :
- Dakar (Sénégal), c'est là que je suis née
- N'Djaména (Tchad)
- La teste de Buch (Gironde)
- Maroua (Cameroun)
- Nantes (Loire Atlantique)

Cinq plats que j'adore :
Vous pouvez vous référer à un post précédent.

Cinq choses que j'ai faites aujourd'hui :
- J'ai acheté les billets de train pour le retour des titis
- Je suis allée faire les courses au Monop
- J'ai fait le tour des blogs des coupings/coupines
- J'ai posté mon courrier en retard
- J'ai regardé 5 épisodes de "MI-5"

Ce que je ferais si j'étais riche :
- Je revendrais le 3 pièces pour acheter un 6 pièces avec terrasses (dans le même quartier)
- Je placerais des sous pour que les titis ne manquent de rien
- J'arrêterais de travailler et je me mettrais sérieusement à écrire
- Je prendrais des cours de chant
- Je ferais des cadeaux aux gens que j'aime

Je ne tagge personne, mais réponde qui voudra !

mercredi 6 août 2008

Raconte deux souvenirs marquants

En fouillant dans la bibliothèque chez mes parents, j'ai retrouvé mes devoirs de français de 5ème, que ma mère a gardés bien précieusement (et je l'en remercie).

À l'époque, nous vivions à N'Djaména et je suivais les cours à la maison, grâce au CNEC (Centre National d'Enseignement par Correspondance). En relisant une mes rédactions de l'époque dans laquelle je devais raconter deux souvenirs qui m'avaient marquée et cela m'a rappelé des événements dont je ne me souvenais plus. Je retranscris "texto" mon devoir :

Pendant les événements de 1979, au Tchad, j'habitais chez mes grands-parents, à La Teste, en Gironde, au mois de février. Mes parents se trouvaient à N'Djaména.

Le jour de la rentrée des classes approchait. J'appréhendais ce moment, car je ne connaissais personne dans cette école, de plus, un maître me donnerait les cours et non une maîtresse. La veille au soir, je me tournais et me retournais dans mon lit sans pouvoir m'endormir. Le sommeil me prit enfin sur une quantité de questions sans réponses. Le matin, je franchis le grand portail de l'école quand un groupe d'enfants accourut en se chuchotant les uns aux autres : "La nouvelle ! C'est la nouvelle !". Je fis connaissance avec des petites filles qui devinrent, par la suite, mes camarades de classe. Tout à coup, la cloche sonna. Nous entrâmes dans la classe où le maître nous attendait aussi devant son bureau. Il me fit un grand sourire et me demanda mon nom. À mon grand soulagement, je compris que c'était un homme très sympathique.

Depuis, chaque année je lui rends visite, dans cette école.

***
Un soir (comme chaque soir) je rentrais à la maison après une journée de classe. Arrivée au portail, je m'aperçus que mes grands-parents étaient absents. Sachant que mamy laissait toujours la clé derrière la maison, j'ouvris le portail, et me dirigeai vers la petite terrasse qui se trouvait devant l'atelier de mon papy menuisier. J'arrivais à l'angle de la maison, quand j'aperçus une ombre assise sous un arbre. Stupéfaite, j'ouvris les yeux immenses, quand je pus l'identifier. C'était... papa. Je me jetais dans ses bras avec des cris de joie. Je lui posais mille questions : Où était maman ? Comment allait-elle ? Et Milka (ma chienne) ? Pourquoi ne nous avait-il pas prévenus de son arrivée ? etc. Nous entrâmes dans la cuisine. Je le fis asseoir, et nous discutâmes jusqu'à l'arrivée de papy et mamy.

Je n'ai jamais été aussi heureuse que ce jour-là.

Pour en revenir à mon maître qui m'avait tellement angoissée la veille de la rentrée, ça a été le meilleur instit que j'ai eu. Je crois qu'il a incarné l'image paternelle qui me manquait puisque mon père vivait à des milliers de kilomètres. Je l'ai eu deux années de suite, en CM1 et CM2 et je lui ai rendu visite quelques fois à la sortie de l'école (je lui ai même présenté Doudou). J'ai été très touchée quand j'ai appris son décès et je garde l'article de journal dans un de mes albums photos.

Quant à mon père, il n'est resté que quelques jours avec nous. Ma mère allait bien, Milka aussi. Ma chienne chérie m'a rejoint chez mes grands-parents quelques mois plus tard... mais c'est une autre histoire.

dimanche 3 août 2008

Partie de pêche !

Il y a quelques jours, les titis, mes parents et moi sommes partis en bateau sur le lac de Cazaux (qui, me l'a appris mon père, est en réalité un étang) et nous avons pêché. Ça m'a rappelé plein de souvenirs...

Quand j'avais une douzaine d'années, je vivais à N'Djaména (capitale du Tchad), dans un lotissement près du fleuve Chari. Régulièrement, après la sieste que je ne faisais pas, j'accompagnais mon père à la pêche. Nous prenions notre matériel et descendions près de l'eau, moi sur le ponton de bois et mon père, tout au bout d'une vieille barge complètement rouillée.

Le boucher, un ami de longue date, donnait de temps en temps à mon paternel, un cœur de bœuf (zébu serait plus précis) qu'il mettait au congélateur, en prévision de nos aventures fluviales. Avant de partir, il en coupait quelques dés qui nous servaient d'appâts. Ça me permettait de les accrocher à l'hameçon sans grimacer, ce qui n'aurait pas été le cas avec des asticots !

Nous passions donc des après-midi au bord du Chari, dans le calme et la tranquillité. L'avantage, moi qui suis une bavarde invétérée, c'est que le bruit de mon babillage ne nous a jamais empêché de ferrer le poisson. Nous parlions donc de tout et de rien, de l'école, des copains, de ses souvenirs de chasseur (dans l'armée de l'air), de la vie...

Lors de nos quelques plages de silence (parce qu'il m'arrivait quand même parfois de me taire), nous regardions les pêcheurs, debout sur leurs pirogues, lancer leurs filets. D'autres fois, nous apercevions le dos de quelques hippopotames qui se prélassaient au loin. Images de cartes postales.

J'attrapais quelques poissons, des makélélé (rien à voir avec le footbaleur) pour la plupart. Comme leurs nageoires étaient piquantes, mon père les décrochait, la main protégée par son gant à ouvrir les huîtres. Lui attrapait des "queues rouges", poissons ressemblant à de petites carpes.

Nous rentrions à la maison lorsque le soleil commençait à se coucher, fiers de nos prises encore frétillantes dans la bourriche. Mon père les donnerait le lendemain à Albert (je parlerai de lui dans un autre post) qui les emporterait chez lui pour préparer une soupe qu'il mangerait en compagnie de sa famille.